Logement & Urbanisme

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Depuis l’an 2000, la population bordelaise s’est accrue de 37000 habitants dont une majorité de nouveaux arrivants. Bienvenue aux nouveaux Bordelais. Depuis 2014, vous êtes plus de 10000 à vous être installés dans notre ville, en particulier dans les nouveaux quartiers de Ginko, Bordeaux lac et des Bassins à flot. De nombreux autres, s’installeront dans les mois et les années à venir, dans les quartiers en cours de réalisation : Bordeaux Bastide, la Bastide-Niel et Bordeaux-Euratlantique pour ne parler que de ceux là.

Au cours de ces dernières années, le rythme s’est accéléré. Cette situation peut s’expliquer par différents facteurs sur lesquels nous pourrions interagir pour en limiter l’expansion et ses effets néfastes. Parce que pour nous et pour une grande majorité de Bordelais, il faut ralentir cette course effrénée à la densification urbaine, vecteur de problèmes multiples qui impactent sur le bon fonctionnement de la cité.

Bordeaux est une ville attractive. L’arrivée du TGV a contribué à déstabiliser plus encore le marché de l’immobilier. En 5 ans, le prix moyen du m2 est passé de 3400€ à 4700€ soit une augmentation de +38% et le prix moyen d’une transaction immobilière s’établit aujourd’hui à environ 500.000€. Au niveau actuel, lorsqu’un tel bien est financé par un emprunt, les acquéreurs doivent justifier de revenus à hauteur de 8000€/mois. Les nouveaux acquéreurs ne peuvent venir que de régions dont le prix de l’immobilier est équivalent ou supérieur à ceux pratiqués à Bordeaux (Paris et sa région en particulier), la gentrification devient dès lors inéluctable. Nous pensons que Bordeaux doit rester une ville accueillante et ouverte mais qu’elle doit aussi et avant tout protéger sa population et en particulier les plus fragiles. Habiter à Bordeaux ne doit pas devenir un privilège mais rester un droit. La rareté des terrains, le coût de la construction d’immeubles neufs, l’urbanisation des nouveaux quartiers partiellement pris en charge par les promoteurs qui en répercutent le prix sur les logements vendus, tout cela concourt à soutenir le niveau actuel des prix de l’immobilier qui place Bordeaux avec Paris et Lyon, parmi les villes les plus chères de France.

A cela se rajoutent 2 problématiques que rencontrent toutes les grandes villes :
• Les logements vacants (une estimation en situe le nombre à 12000 ).
• La location saisonnière via les plateformes de location, estimée à 6000 logements entiers.

Le logement locatif subit une crise due au manque d’offres et en particulier pour les petites surfaces de type studio, T1 bis et même les T2. Le prix moyen pratiqué dans le secteur privé est de 14€/m². Le rendement locatif (brut) n’est pas des plus performant, il se situe autour de 3%. Cela n’incite pas les investisseurs qui, compte tenu du niveau des taux des prêts immobiliers, recherchent un rendement de 6% (brut) pour avoir un équilibre entre le remboursement du crédit (hors frais) et le loyer. Certaines villes attractives, offrent une meilleure rentabilité que Bordeaux. Nous pensons, que la mise sur lemarché de biens neufs n’est pas de nature à régler le problème du manque de logements disponibles à la location. C’est la raison pour laquelle nous souhaitons, pour l’avenir, récupérer la maîtrise de l’urbanisation et mettre en place un moratoire de 2 ans sur les nouveaux projets immobiliers pour permettre l’achèvement des constructions en cours et à la ville de rétablir les équilibres et de respecter la loi sur la solidarité et le renouveau urbain (SRU – Loi Duflot 2015) (qui impose 25% de logements sociaux alors que Bordeaux n’en propose que 18%).

 Les étudiants sont confrontés au manque de logements adaptés à leurs besoins. Il y a 70% de studios de moins à Bordeaux que pour une ville comme Toulouse. Le CROUS, qui dispose de 1900 logements sur Bordeaux, ne loge que 8.5% des étudiants. Ainsi plusieurs cas ont été déclarés de jeunes n’ayant pas trouvé un logement qui dorment dans une voiture. Cette situation ne doit plus se reproduire. Nous proposons d’identifier le foncier disponible sur Bordeaux pour y placer du logement de type « modulaire«  ou similaire. Nous pourrions disposer ainsi, rapidement, d’une trentaine de logements d’urgences dédiés au cas critiques.

Nous sommes contre l’encadrement des loyers, mais nous mènerons une politique fiscale incitative pour diminuer le nombre des logements inoccupés et réorienter la location saisonnière vers la location classique. En contre partie, nous proposerons la création d’une régie municipale chargée de mettre en location des biens qui actuellement sont, inoccupés ou en location saisonnière. Cette régie signera avec les propriétaires un contrat qui comportera un volet de mise en conformité des locaux et qui assurera au propriétaire le paiement des loyers pendant toute la durée du contrat.

NOS PROPOSITIONS

1) Moratoire de 2 ans pour tout nouveau projet immobilier du secteur privé.
2) Mise en chantier de logements sociaux, en particulier à destination des familles et des catégories sociales intermédiaires.
3) Mise à l’étude, en partenariat avec le CROUS et la Métropole, de la réalisation de 100 logements de type studio et T3 (colocation) pour les étudiants. Obligation pour tout programme immobilier à venir, de réserver 5% de la surface habitable créée, au logement étudiant.
4) Création de 30 logements d’urgence de type maisonnette (modulaire ou roulotte) pour des étudiants en situation critique.
5) Encourager la colocation intergénérationnelle.
6) Nous réaliserons un audit sur les activités passées et présentes de la SEM INCITÉ.
7) Modification de la fiscalité concernant les résidences secondaires ainsi que les logements inoccupés.
8) Augmentation de la taxe de séjour des logements mis en location saisonnière. Informer les propriétaires des sanctions qu’ils encourent s’ils ne sont pas en règle vis-à-vis de la règlementation. Application systématique des sanctions après en avoir modifié le principe avec l’introduction d’une progressivité des amendes.
(A ce jour, 70% des propriétaires de ces logements ne sont pas en règle avec la règlementation ou ne la respectent pas).
9) Création d’une régie municipale dédiée à la mise en location et la gestion des logements inoccupés et ceux qui sont actuellement en location saisonnière dont les propriétaires souhaiteraient sortir de ce statut. (Cette régie sera compétente pour gérer la mise en conformité des logements qui lui seront proposés. Elle établira le contrat entre la régie et le propriétaire Elle assurera au propriétaire le versement des loyers nets des charges et des frais de gestions appliqués et s’occupera de la gestion courante des logements).
10) Création d’un label municipal et d’un cahier de bonne conduite à destination des bailleurs avec incitation financière pour eux de procéder aux travaux nécessaires relevés lors de la réalisation des diagnostics afin qu’aucun bien mis en location ne souffre de vétusté ou ne présente de risques majeurs pour la sécurité des biens et des personnes.

 

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